Interview exclusive – johnny_ripper

johnny_ripper est un asociale oui, mais johnny_ripper c’est aussi un jeune homme bourré de talents.
Définissant sa musique comme étant expérimentale, cet artiste à l’aide de son clavier MIDI et de samples à foison nous emmène à chaque morceau dans un monde différent surement agencé par, comme il le dit lui même, « ses lui ».



WAF – johnny_ripper, johnny, ripper ? Bonjour et merci de répondre à ces quelques questions !

 

johnny_ripper – Merci à toi, mais, hm, je ne pense pas que me menotter à la chaise était forcément nécessaire. Et tu peux enlever cette lumière de ma figure? Pourquoi est ce qu’il fait si sombre ici? C’est quoi cette chambre? Comment suis je arrivé ici, je ne me souviens de rien…

 

 

WAF – Peux-tu te définir un peu ? Parler de tes débuts, et du genre de musique que tu aimes concevoir.

 

johnny_ripper – Disons que ce qui m’a poussé à faire de la musique, c’est juste cette envie de créer quelque chose de personnel. Au début c’était vraiment d’un côté narcissiste où tant que je pouvais réaliser un son, même si la qualité de ce que je faisais était très mauvaise, j’étais satisfait de juste dire que c’était moi qui l’avait fait. C’est d’ailleurs toi qui as eu le droit à mes premières compositions humiliantes sur Audacity. Il y a eu une période assez pathétique où je faisais des chansons à partir des loops du logiciel mac Garageband, mais cela à force m’a permis de mieux comprendre les interfaces audio et à finir par composer mes propres trucs, ce qui m’a amener à ensuite utiliser Logic Pro, qui est plus performant. Maintenant ce n’est plus un cas de « Je fais de la merde juste histoire de mettre mon nom dessus » (enfin je ne pense pas), mais il a toujours ce côté que j’ai juste envie de créer quelque chose de bien, je ne me limite pas à un style particulier ou les critères d’un genre, ce qui veut dire que le seul genre qui pourrait qualifier ma musique est « expérimentale », aucune chanson se ressemble, et il n’est pas forcément possible de pouvoir classifier dans une étiquette ce que l’on entend, ce qui se défini aussi par le fait que je n’ai eu aucune éducation musicale et donc mes compositions sont, d’un côté, involontaires et inconventionnelles.

 

 

WAF – Quels sont tes influences musicales ?

 

johnny_ripper – Sans vouloir faire l’habituel et juste citer tout mes artistes favoris, je pense que ceux qui ont vraiment influencé ma façon de faire de la musique et dont on peut ressentir l’influence dans mes chansons sont Jon Brion, Four Tet, Son Lux, The Books, Jon Hopkins, Odd Nosdam, Amon Tobin, Dosh & Michael Andrews. Je pourrais en citer plus mais je pense qu’il s’agirait plus de plaisirs auditifs qu’une influence sur ma façon de faire de la musique. Après, mes sources d’inspirations n’ont aucune limite.

 

 

WAF – Pourquoi avoir choisi, pour ton premier album sorti il y a un peu plus d’un an maintenant, de proposer tes compositions gratuitement ?

 

johnny_ripper – J’ai juste vraiment envie qu’on puisse écouter ma musique, et il n’y a rien de mieux qu’une licence Creative Commons pour le permettre. Je ne pense pas que je suis à un stade où ma musique sonne assez professionnelle pour attirer l’attention d’un label, ou/et un succès assez grand qui me permettrait de faire un profit. Pour l’instant je me contente juste de savoir qu’il y a des gens qui écoutent ma musique et que mes chansons sont d’accès à tout le monde.

 

 

WAF – Tu publies sur ta page fan Facebook de nombreux morceaux, très régulièrement. On peut y entendre des compositions personnelles ainsi que des remix, lequel de ces deux genres préfères-tu effectuer ?

 

johnny_ripper – Je n’ai jamais vraiment pensé à comparer les deux, mais je pense que je préfère les compositions personnelles. Même si j’adore pouvoir réinterpréter un morceau d’un autre artiste à ma manière, il s’agit souvent de juste trouver ce qu’on peut faire à partir de l’originale, alors que dans la composition personnelle, il y a cette possibilité d’aller où l’on veut avec, les options et les choix n’ont pas de limites. Et dans un remix, il y a toujours un rapprochement fait avec l’originale, et donc il a l’enjeu de la vision de l’artiste original mais aussi de celui qui remixe. Mes remixes n’avaient aussi aucun rapport avec mes compositions personnelles, on ne pouvait pas retrouver les mêmes éléments que dans mes chansons à moi, mais récemment, mes deux derniers remixs (celui de Felix Green et de Forss) ont le même « son » que mes compositions personnelles. D’ailleurs, le remix de Forss est le seul où j’avais vraiment une idée claire de ce que j’allais faire quand j’ai eu la possibilité d’en faire un remix. Après, les remixs d’autres personnes de mes chansons, c’est un autre histoire qui varie dépendant de la personne.

 

 

WAF – On remarque que ton compte SoundCloud est de plus en plus visité, cela se confirme par les commentaires tout le long du morceau, souvent très bon. Comment tu le prends ?

 

johnny_ripper – Honnêtement, je ne sais pas comment expliquer cette montée soudaine de popularité. Le nombre de followers ne fait qu’augmenter et je n’ai aucune idée d’où tout ça vient. D’un côté j’ai envie de dire que c’est parce qu’il y a beaucoup de gens qui suivent la masse de gens pour avoir de l’attention et avoir l’impression qu’ils sont populaires, qui spamment leurs morceaux dans les commentaires, mais je sais qu’il ne s’agis pas que de ça, et qu’il y a un grand nombre de mes followers qui apprécient réellement ma musique, et forcément je prends ça très bien, je n’ai pas de quoi me plaindre, c’est juste vraiment surprenant. J’ai eu le droit à un utilisateur avec une image d’une femme à poil les jambes écartés (si c’est elle qui se charge du compte, je ne sais pas) qui a dit que mes chansons étaient magnifiques. Je considère ça comme le moment de ma carrière où j’ai réellement commencé à avoir du succès. Ça veut probablement annoncer que j’ai des groupies.

 

 

WAF – Il me semble avoir vu quelque part que tu ne comptais pas effectuer de live, du moins des dj set (ce qui n’est pas forcément ton domaine je te l’accorde). Néanmoins, est-ce toujours d’actualités de ne pas vouloir te produire ?

 

johnny_ripper – Je ne vois juste pas la possibilité de reproduire mes chansons en live, n’ayant pas le matériel nécessaire, et n’ayant aucune connaissance dans ce domaine. Peut être quand j’aurais les moyens de m’acheter des séquenceurs et autre clavier midi, quelque chose pourra se former, mais pour l’instant ce n’est pas dans mes intentions. En plus de ça je pense que suis trop timide et maladroit pour jouer en live devant un public sans que cela tourne au désastre.

 

 

WAF – Si tu devais toi même mettre une note à ta musique, sur 20, tu te mettrais ?

 

johnny_ripper – Hm, c’est une question difficile. Je dirais 13/20. Parce que, sans vouloir trop flatter mon égo, j’ai réussi à faire une musique originale, propre à moi même, alors que beaucoup de gens se conforment à un genre et le résultat est qu’il n’y a pas de personnalité dans ce qu’ils font, on ne pourrait pas les distinguer les uns des autres, ils se conforment tous au même style, et je pense que l’objectif de tout artiste est de faire quelque chose de personnel et par conséquent unique. Mais d’un autre côté, je suis loin d’être un professionnel, j’ai encore beaucoup de choses à apprendre dans le domaine de la musique. En plus de ça je suis très impatient pendant que je compose, je me dépêche souvent de la terminer, ce qui fait qu’il m’arrive de bâcler certaines chansons. C’est toujours bizarre d’écouter une chanson et de savoir que ça aurait pu être beaucoup mieux que ça.

 

 

WAF – Qu’en est-il de la suite ? Un EP ? Un album ? Concert ? AUTRE TRUC DE MALOUDE ?

 

johnny_ripper – Pour l’instant, j’ai mon projet « soundtrack for a film that doesn’t exist » qui, comme son titre l’indique, est une bande son (c’est bien comme ça qu’on dit en français?) pour un film qui n’existe pas. Alors que dans un film (qui existe), la musique sert à complimenter la scène, il est plus question ici d’imaginer la scène à partir de la musique. Ce n’est pas une idée vraiment originale, plusieurs artistes l’ayant déjà fait auparavant, mais vu que mes morceaux récents mettent beaucoup plus en valeur la composition au piano, qu’il y a moyen la présence de beats/drums, qu’ils forment une imagerie possible pour un film et que la plupart ont une durée d’à peine 2 minutes, je me suis dit que c’était un projet à faire.

 

 

WAF – Un dernier mot pour finir la fin ?

 

johnny_ripper – Une petite citation inspirante de l’écrivain Kurt Vonnegut (je le coné pa jsé juste kil di dé truk coule lool), qui résume en quelques mots ce que j’essaie de décrire en plusieurs paragraphes auparavant.

To pratice any art, no matter how well or badly, is a way to make your soul grow. So do it.

(Pratiquer un art, qu’importe si c’est bien fait ou pas, est un moyen de faire grandir ton âme. Alors fait le)

 

 

Et je vous propose maintenant, en exclusivité pour We Are Failure,



Les informations complémentaires :

Rodrigue.

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